Retraite d’assistant familial : jusqu’à quel âge pouvez-vous accueillir, et peut-on finir l’accueil d’un enfant ?
À quel âge pouvez-vous partir ? Jusqu’à quel âge pouvez-vous accueillir ? Et si un enfant est chez vous depuis des années, devez-vous le quitter le jour de vos 67 ans ? Les réponses se mélangent souvent : l’âge de départ à la retraite, la limite d’âge de l’emploi et le cumul emploi-retraite sont trois choses différentes. Voici comment s’y retrouver.
Deux âges à ne pas confondre
Employé par le Département, vous êtes un agent contractuel de droit public. Deux repères comptent.
- L’âge à partir duquel vous pouvez partir à la retraite. C’est un droit, pas une obligation. Atteindre cet âge ne vous oblige pas à arrêter de travailler.
- La limite d’âge. C’est une obligation. Pour les agents contractuels, l’article L. 556-11 du code général de la fonction publique la fixe à 67 ans.
Pour les assistants familiaux, il n’y a aucun doute : l’article L. 422-5-1 du code de l’action sociale et des familles renvoie expressément à cette limite de 67 ans. Seule elle impose d’arrêter, pas l’âge de départ.
À quel âge pouvez-vous partir ?
Comme contractuel de droit public, vous cotisez au régime général pour votre retraite de base, et à l’Ircantec pour votre retraite complémentaire. C’est donc l’âge du régime général qui s’applique, pas celui des fonctionnaires.
La réforme de 2023, qui relevait progressivement l’âge vers 64 ans, a été suspendue par la loi de financement de la sécurité sociale pour 2026. Pour une retraite qui commence à partir du 1er septembre 2026, l’âge dépend de votre date de naissance (source : service-public.gouv.fr, page vérifiée le 1er janvier 2026) :
| Vous êtes né | Âge à partir duquel vous pouvez partir |
|---|---|
| de 1958 à 1960, et du 1er janvier au 31 août 1961 | 62 ans |
| du 1er septembre au 31 décembre 1961 | 62 ans et 3 mois |
| en 1962 | 62 ans et 6 mois |
| du 1er janvier 1963 au 31 mars 1965 | 62 ans et 9 mois |
| du 1er avril au 31 décembre 1965 | 63 ans |
| en 1966 | 63 ans et 3 mois |
| en 1967 | 63 ans et 6 mois |
| en 1968 | 63 ans et 9 mois |
| à partir de 1969 | 64 ans |
Ce tableau ne concerne pas les départs anticipés (carrière longue, handicap, invalidité), qui existent sous conditions. La retraite commence toujours le 1er jour d’un mois, et jamais avant le dépôt de votre demande. Confirmez votre âge auprès de votre caisse de retraite.
Exemple. Vous êtes née le 15 mars 1964. Vous pouvez partir à 62 ans et 9 mois, soit le 15 décembre 2026. La retraite commençant un 1er du mois, ce sera au plus tôt le 1er janvier 2027. Votre limite d’âge tombe le 15 mars 2031.
Attention : une note du Département du 30 octobre 2020 (document réservé aux adhérents) indique 62 ans pour toutes les personnes nées à partir de 1955. Depuis la réforme de 2023, ce n’est plus vrai pour les personnes nées après le 31 août 1961 : fiez-vous au tableau ci-dessus, pas à cette note.
Arrivé à 67 ans, peut-on finir l’accueil d’un enfant ?
Oui, la loi le prévoit, sur autorisation. L’article L. 422-5-1 du code de l’action sociale et des familles permet à l’assistant familial de travailler au-delà de la limite d’âge, trois ans au plus, pour prolonger l’accompagnement de l’enfant (ou du jeune majeur de moins de 21 ans) qu’il accueille. Les conditions sont les suivantes :
- c’est vous qui en faites la demande ;
- le médecin de prévention donne son avis ;
- l’autorisation est délivrée pour un an, puis renouvelable dans les mêmes conditions, avec un nouvel avis du médecin de prévention ;
- le total ne peut pas dépasser trois ans.
Le texte dit que l’assistant familial « peut être autorisé » : ce n’est pas un droit automatique. Il vise l’enfant que vous accueillez déjà. Le texte n’impose pas de motiver un refus : nous demandons qu’il le soit toujours.
La note du Département de 2020 est en retrait sur ce point. Elle admet de poursuivre un accueil « sur quelques mois maximum » après la limite d’âge, sans jamais atteindre un an, et seulement pour des jeunes proches de la majorité ou majeurs, accueillis depuis plusieurs années. La loi en vigueur depuis février 2022 va jusqu’à trois ans. Quand une note donne moins que la loi, c’est la loi qui compte.
Après 67 ans, pas de nouvel accueil : c’est la loi. L’article L. 422-5-1 ne permet de travailler au-delà de la limite d’âge qu’« afin de prolonger l’accompagnement du mineur ou du majeur âgé de moins de vingt et un ans qu’il accueille », c’est-à-dire l’enfant ou le jeune déjà chez vous. Le Département va plus loin : dans sa note du 8 janvier 2026 (document réservé aux adhérents) sur les congés, il interdit aussi tout relais à partir de 67 ans, c’est-à-dire accueillir un autre enfant quelques jours. Cette interdiction est une lecture du Département : la loi ne l’écrit pas expressément. Selon la même note, pendant les vacances scolaires, l’assistant familial de 67 ans ou plus qui n’accueille aucun enfant pendant 4 nuits doit le déclarer, et il est de fait en congés. Voir aussi notre page sur les relais.
Et jusqu’à 70 ans ?
Le code général de la fonction publique prévoit que l’agent contractuel peut, sur autorisation, être maintenu en fonctions jusqu’à 70 ans, et que le refus doit être motivé. Mais son application aux assistants familiaux des Départements n’est pas établie. Nous ne pouvons donc pas vous dire que c’est un droit. La seule voie dont nous sommes certains pour travailler au-delà de 67 ans est celle de l’article L. 422-5-1. Si votre situation est concernée, parlez-en à un délégué avant vos 67 ans.
L’agrément ne vous protège pas de la limite d’âge
Votre agrément peut rester valide alors que la limite d’âge vous empêche de travailler. Pour un assistant familial qualifié, il est renouvelé automatiquement et sans limitation de durée, sous réserve des vérifications prévues par la loi. Mais agrément et droit de travailler comme salarié du Département sont deux choses distinctes. Voir notre page sur l’agrément et votre défense.
Le cumul emploi-retraite
Le cumul emploi-retraite permet de toucher sa pension tout en travaillant. Trois points à connaître.
- Les règles changent en 2027. Pour les retraites qui commencent jusqu’au 1er décembre 2026, on distingue le cumul intégral (sans plafond, si votre pension de base est à taux plein et que vous avez obtenu toutes vos pensions, de base et complémentaires) et le cumul plafonné. Pour les retraites qui commencent à partir du 1er janvier 2027, seul l’âge compte : avant l’âge légal, vos revenus sont déduits de la pension dès le premier euro ; entre l’âge légal et 67 ans, le cumul est libre jusqu’à environ 7 000 € bruts par an selon les annonces (le montant doit être fixé par décret), au-delà, la pension baisse de la moitié de ce qui dépasse ; à partir de 67 ans, le cumul est sans plafond.
- Le délai de 6 mois chez le dernier employeur. Selon service-public.gouv.fr, en cumul plafonné, reprendre chez votre dernier employeur moins de 6 mois après la retraite suspend la pension. En cumul intégral, cette reprise n’ouvre pas de nouveaux droits. Pour un assistant familial, le dernier employeur est le Département. Renseignez-vous auprès de votre caisse avant de reprendre.
- Le cumul n’efface pas la limite d’âge. En principe, vous ne pouvez pas continuer au Département au-delà de 67 ans, sauf prolongation pour finir un accompagnement.
Avant la retraite aussi, vous pouvez exercer une autre activité, à condition de faire les démarches d’un deuxième emploi.
Selon le Département, dans sa note de 2020, l’employeur n’est pas tenu d’accepter qu’un agent cumule : c’est « une simple faculté » pour lui. En cumul, le Département indique aussi, dans sa note du 22 janvier 2024 (document réservé aux adhérents), qu’un assistant familial ne peut prétendre qu’à 60 jours d’indemnités journalières pendant toute la période de cumul. Voir notre page sur l’arrêt maladie.
Préparer votre départ
- Anticipez. Dans sa note de 2020, le Département préconise d’anticiper un départ au moins 18 mois avant, dans l’intérêt de l’enfant comme dans le vôtre.
- Soldez vos congés. Selon le Département, le solde du compte épargne temps doit être pris avant la rupture prévisible du contrat (retraite, démission). La loi prévoit que les congés reportés se prennent au plus tard à la fin définitive des fonctions ou au début de la pension : si vous envisagez le cumul, prenez-les avant le début de votre pension.
- Gardez vos décomptes d’indemnités journalières. Le Département rappelle qu’elles comptent pour les droits à la retraite.
Ce que demande la CASAMAAF 62
- Une note à jour. Nous n’avons connaissance d’aucune note récente du Département sur la retraite. Celle de 2020 annonce un âge de départ dépassé et une prolongation inférieure à ce que permet la loi. Nous demandons une note qui informe sur tous les droits : prolongation pour finir un accompagnement, règles du cumul, réforme de 2027, position claire sur le maintien jusqu’à 70 ans.
- L’intérêt de l’enfant d’abord. La loi parle de « prolonger l’accompagnement ». Nous demandons que toute demande soit examinée dans cet esprit, et que tout refus soit écrit et motivé.
- Une information sans pression. Un entretien et un écrit sur vos droits à la retraite pour chaque assistant familial, sans pousser personne à partir.
- Des salaires à la hauteur. En cumul intégral, la nouvelle pension que vous pouvez acquérir est plafonnée à 5 % du plafond annuel de la sécurité sociale. Dans une réponse publiée au Journal officiel du Sénat le 19 février 2026, le Gouvernement a refusé de relever ce plafond ou d’y prévoir une dérogation pour les assistants maternels et familiaux. Ce qui compte en définitive, c’est le niveau de salaire pendant la carrière. Voir les combats de la CASAMAAF 62.
Questions fréquentes
Puis-je continuer à travailler après avoir atteint l’âge de départ à la retraite ?
Oui. L’âge de départ ouvre un droit, il n’impose rien. Seule la limite d’âge de 67 ans oblige à arrêter, sauf prolongation pour finir l’accompagnement d’un enfant.
Mon agrément s’arrête-t-il à 67 ans ?
La loi ne lie pas l’agrément à l’âge. Mais l’agrément ne vous donne pas le droit de travailler comme salarié du Département au-delà de la limite d’âge.
Puis-je accueillir un nouvel enfant après 67 ans ?
Non. La loi ne permet de travailler après 67 ans que pour prolonger l’accompagnement de l’enfant ou du jeune majeur de moins de 21 ans que vous accueillez déjà (article L. 422-5-1). Le Département exclut aussi tout relais, même de quelques jours : c’est sa lecture, la loi ne l’écrit pas expressément.
Une question sur votre situation ? Un délégué de la CASAMAAF 62 vous répond.