Grève du 29 septembre : assistants familiaux, manifester, faire grève une heure ou une journée

Mardi 29 septembre, toute la fonction publique est appelée à la grève et à manifester. Les assistants familiaux du Département peuvent y participer, mais pas comme les autres agents : les enfants confiés restent chez vous. Manifester sans faire grève, faire grève quelques heures en gardant les enfants, ou une journée entière avec un relais : voici ce que chaque choix implique, et ce que le Département vous retire.
Pourquoi cette grève vous concerne
L’appel est lancé par les huit syndicats de la fonction publique, à la veille du budget 2027. Ils demandent notamment des moyens pour les services publics et le maintien du salaire à 100 % pendant les arrêts maladie.
Ce dernier point vous parle directement. Au Département, un assistant familial en arrêt maladie voit son salaire suspendu dès le premier jour et remplacé par des indemnités, avec un complément qui dépend de son ancienneté. Les autres agents sont mieux couverts. Et l’aide sociale à l’enfance manque de moyens, ce que vous vivez chaque semaine avec les enfants que vous accueillez.
Manifester sans faire grève
C’est la solution la plus simple. Si les enfants sont à l’école et que vous n’avez ni visite, ni soin, ni rendez-vous à assurer pendant ce temps, vous pouvez aller au rassemblement sans vous déclarer gréviste. Vous n’abandonnez aucune mission, et rien n’est retenu sur votre salaire.
Les rassemblements dans le Pas-de-Calais :
- Arras : 9 h 30, place de la gare
- Calais : 9 h 30, Bourse du travail
- Boulogne-sur-Mer : 10 h, devant la sous-préfecture
- Liévin : 14 h, devant l’union locale CGT
- Lille : 14 h 30, porte de Paris
Faire grève quelques heures en gardant les enfants
Vous pouvez aussi faire grève une heure ou plus tout en gardant les enfants. Pour quelques heures, rien ne vous oblige à prévenir plusieurs jours à l’avance, mais prévenez par écrit votre CLAF et le SDAF, au plus tard le jour même.
Le calcul du Département est le suivant. Il considère qu’un assistant familial travaille 35 heures par semaine, réparties sur 7 jours, soit 5 heures par jour. Chaque heure de grève vous coûte donc 1/5e d’une journée de salaire : 2 heures, 2/5e ; à partir de 5 heures, la journée entière. L’indemnité d’entretien, elle, est maintenue, puisque les enfants restent chez vous.
Concrètement, au 1er juin 2026 :
- avec un accueil (1 867,02 € brut par mois), une heure de grève coûte environ 12,45 € brut et une journée 62,23 € ;
- avec trois accueils (3 590,46 € brut par mois), une heure coûte environ 23,94 € brut et une journée 119,68 €.
Faire grève une journée entière
Pour faire grève toute la journée, il faut que les enfants soient accueillis ailleurs, en relais, de la veille au lendemain. Prévenez donc votre CLAF et le SDAF suffisamment tôt pour que le relais soit organisé et validé.
Sur votre paie, le Département retire alors 1/30e de votre salaire mensuel, ainsi que l’indemnité d’entretien de la journée, puisque l’enfant n’est pas chez vous.
Reste la question du relais. L’enfant vous est confié, mais c’est le Département qui en a la responsabilité, au titre de l’aide sociale à l’enfance. La loi prévoit d’ailleurs que votre contrat d’accueil fixe les modalités de votre remplacement temporaire (article L. 421-16 du code de l’action sociale et des familles). Organiser l’accueil de l’enfant pendant votre absence relève donc de votre employeur. Dans les faits, on demande presque toujours aux assistants familiaux de trouver eux-mêmes leur relais. Si c’est votre cas, demandez par écrit à votre service de l’organiser.
Quelques précautions
- N’emmenez pas les enfants confiés à la manifestation. Ce n’est pas leur place, et vous restez responsable de leur sécurité.
- Ne les prenez pas en photo et ne publiez aucune image où ils pourraient être reconnus.
- Vérifiez que votre grève ne fait sauter aucune visite, aucun soin ni aucun rendez-vous prévu pour l’enfant.
Un droit de grève entravé dans les faits
Sur le papier, vous avez le même droit de grève que n’importe quel agent du Département. Aucun texte ne vous l’interdit ni ne le limite. Dans les faits, il est très difficile à exercer.
Un agent des routes ou d’un collège pose sa journée et rentre chez lui. Vous, vous ne pouvez pas poser les enfants. Pour une journée entière, il vous faut un relais, que l’on vous demande de trouver vous-même alors que c’est le rôle de votre employeur, et vous perdez en plus l’indemnité d’entretien. Pour quelques heures, vous gardez les enfants, vous continuez d’en répondre, et le Département vous retire quand même une part de salaire calculée sur des journées de 5 heures qui n’existent pas.
Résultat : faire grève coûte plus cher et demande plus d’organisation à un assistant familial qu’à tout autre agent. Un droit qu’on ne peut exercer qu’à ce prix est un droit entravé. C’est au Département de le rendre réel : organiser les relais les jours de grève, et calculer les retenues sur la réalité de votre métier.
5 heures par jour ? Le Département se moque des assistants familiaux
Un assistant familial ne travaille pas 5 heures par jour. Il travaille 24 heures sur 24. Un enfant qui fait un cauchemar à 3 heures du matin, une fièvre qui monte en pleine nuit, une crise au moment du coucher : vous y allez, toujours. Personne ne pointe, personne ne compte ces heures. La délibération départementale du 8 décembre 2025 reconnaît elle-même que vous exercez sept jours sur sept.
Mais quand il s’agit de vous retirer de l’argent, le Département découvre soudain que votre journée ne fait que 5 heures. Ce chiffre ne sort d’aucun texte que nous connaissions. Il permet surtout de rendre chaque heure de grève près de cinq fois plus chère que si l’on comptait vos vraies journées de 24 heures.
Une retenue pour un service… qui est rendu
La retenue sur salaire d’un gréviste est justifiée par une chose : le service n’a pas été fait. Or quand vous faites grève quelques heures en gardant les enfants, le service est en grande partie assuré. Les enfants restent sous votre toit, sous votre responsabilité. Si l’école vous appelle parce qu’un enfant est malade, vous quittez évidemment le rassemblement pour aller le chercher et le soigner.
Le Département vous retire donc une partie de votre salaire pour un travail que vous continuez de faire. Pour les agents publics, le juge exige pourtant que la retenue soit proportionnelle à la durée de la grève, rapportée aux obligations de service réelles de l’agent (Conseil d’État, 17 juillet 2009, n° 303588). Pour un métier exercé jour et nuit, qui ne s’interrompt jamais vraiment, la référence de 5 heures n’est pas proportionnée.
C’est pourquoi la CASAMAAF 62 a adressé une réclamation au Département le 9 septembre 2026. Nous lui demandons le texte qui fixe ces 5 heures, la formule exacte appliquée, les éléments de salaire concernés, un exemple chiffré, et le réexamen de la méthode. Si les retenues se révèlent excessives, nous demanderons la régularisation des situations individuelles. Si vous faites grève, gardez votre bulletin de paie : il servira.
Une heure, une journée ou un simple passage au rassemblement : chaque assistant familial présent le 29 septembre rappelle que les familles d’accueil font partie du service public, et qu’elles comptent.
Une question sur votre situation ?
Nous sommes des assistants familiaux du Pas-de-Calais, comme vous. Adhérer vous donne accès à un accompagnement juridique ; nous écrire ne coûte rien.